Découverte du Robin

Il doit falloir être un peu frappé pour se lever à 6h30 un samedi matin pour être sûr d'être à l'heure à son cours, à 7h30... Samedi dernier, pendant le retour de Mortagne, mon instructeur me demande si je veux passer le brevet sur Cessna ou sur Robin. En voilà une bonne question ! J'avais déjà évoqué le fait que je n'avais jamais fait de DR400 si jamais on partait en nav avec un autre élève. Ça n'avait pas semblé être un gros problème. Oui, mais quand même, c'est pas le même avion ! En tout cas, je suis décidé : il n'y a que des Robin au club en avion de voyage, donc autant profiter de l'instruction pour voler sur l'avion sans doute le plus répandu en France.

A 7h30 donc, on croise toujours les mêmes habitués qui font décidément vivre le club à toute heure. Le soleil est déjà levé depuis une heure. Un DR400 est déjà dehors. Le mien finit sa nuit au fond du hangar sous l'aile haute d'un Cessna. Ça sera F-GCUA, DR400 de 120 chevaux de son état, la victime.

F-GCUA DR400-120

Je connais un peu ses cousins en passager mais nous faisons les présentations un peu plus en détail. Visite prévol approfondie, pour connaître chacun de ses écrous, de ses renvois de commandes, de ses charnières, de ses trappes de visite. Le Robin est docile pendant que nous en faisons le tour en le caressant affectueusement et en l'observant sous toutes les coutures. La mise sous pression du circuit essence pendant l'inspection ne montre pas d'incontinence.

Installation à bord, après avoir grimpé sur l'aile, je prends mes repères pour régler le siège, le verrouiller correctement. Tour d'horizon des instruments : les principaux sont au même endroit, heureusement. Pour le reste, ça se balade un peu. Une petite nouveauté, la pompe électrique pour épauler la pompe mécanique et assurer une pression suffisante d'essence. Et grosse nouveauté, un manche, un vrai manche à balai, pas un volant. On verra bien à l'usage.

Allez, c'est parti ! Démarrage ! Le ventilateur se met en marche et chasse la rosée matinale de la verrière. Roulage pour le point d'arrêt et là, je suis un peu embêté. La manette des gaz dans une main (droite ou gauche, autre nouveauté), le manche dans celle restée libre et la poignée des freins dans la troisième ? C'était bien pratique les freins aux pieds sur le Cessna.

Pleins gaz, rotation à 100 km/h (finis les noeuds, c'est un avion fraânçais, Môôssieur !), décollage et on part pour un local prendre en main l'avion. Première remarque : la visibilité est impressionnante ! Le capot est plus bas sur l'horizon que sur le Cessna, la verrière permet de voir au-dessus aussi. En revanche, l'aile gêne la vision juste sur le côté de l'avion. Conséquence de ce capot différent, je suis toujours en montée. Il faudra me faire de nouveaux repères.

Virages à 30° tranquillement puis à 45° pour sentir l'avion. Puis décrochages : pompe en marche, gaz pleins réduits, cabrer l'avion pendant que la vitesse dégringole. Biiiiiiiiiiiiiiiiip, l'avertisseur se déclenche, on continue et vers 95 km/h, c'est l'abattée ! Le Cessna s'enfonce gentiment, mais le Robin bascule vers l'avant avec une certaine énergie et un peu sur le côté. Palonnier pour tenir l'avion, manche en avant et pleins gaz. Même exercice avec un cran de volet et on rentre à la maison. L'humidité est en train de se lever et dessine des bancs de brume dans le fond des vallées, c'est magique.

Un tour de piste, pour se mettre en tête les vitesses en km/h et les régimes moteur dans les différentes branches du circuit, manipuler le levier des volets, situé entre les sièges comme un frein à main de voiture, rajouter la pompe électrique dans les check-lists. En finale, je tiens mes 120 km/h, vise bien mes "V", réduis les gaz en passant le seuil de piste. Et c'est le kiss ! On enchaîne par des tours de piste basse hauteur et re-bel atterro. Je l'aime bien cet avion du coup :-) Par contre, je pars immanquablement à gauche de la piste en décollant. Il faut que je corrige ça. Au roulage, je cherche comment occuper mes trois mains...

55 minutes de prise en main à explorer un peu l'avion et je suis lâché DR400-120. Ça veut dire que je pourrai partir en solo dessus la prochaine fois ! Finalement, ça reste un avion :-)

Commentaires

1. Le mercredi 2 mai 2007, 08:50 par pat

C'est autre chose que les "camions Cessna", n'est-ce pas? ;-)
Par contre je trouve bizarre qu'on n'ait pas tous la même vitesse.
Moi je décolle à 120 et tiens 130km/h en finale.
Mon FI préfère.
Décoller à 100Km/h en DR400/120 à pleine charge je trouverais ça risqué, parce que à 120 ça couine déjà TRES facilement!

2. Le mercredi 2 mai 2007, 09:47 par Pettouze

Je me retrouve tout à fait dans ton post. Moi aussi, quand j'avais quitté ma vieille souris classique pour une optique à roulette, j'ai été un peu troublé au départ, j'avais tendance à faire des mouvements trop brusques, et puis finalement, on s'habitue.

3. Le mercredi 2 mai 2007, 10:27 par Aurélien

Oh là là, la perf ! Laché sur Robin après 55 min de vol ? Moi il m' a fallu presque 4 heures :-(((

En DR400-120 je décolle à 110 km/h et en finale je suis aussi à 120 km/h, 110km/h si terrain court.

Comme j'ai appris à manier les gaz sur Cessna avec la main droite, j'ai donc gardé l'habitude sur Robin. De plus c'est bien pratique pour couper la réchauffe (avec le pouce) dans le cas d'une remise de gaz.

Aurélien

4. Le mercredi 2 mai 2007, 10:38 par Arnaud

Pat & Aurélien> Je vais redemander pour les vitesses mais grosso merdo, ça correspond aux 1,1 Vs1 (1er cran) pour la rotation et 1,3 Vs0 pour la finale qui sont dans le manuel que j'ai sous la main. En tout cas, c'est vrai que j'ai trouvé le Robin plus agile aux ailerons que le Cessna. Et je suis lâché piste en herbe seulement :-) On ira faire un peu de dur à Beauvais normalement.

Pettouze> Et t'as été lâché sans instructeur ? Passer à la roulette de queue tout seul, t'es un vrai moustachu, toi !

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